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Issiaka Bonkoungou

Echos du grenier magique


Issakia BONKOUNGOU dit Grand Grenier

    Burkinabé, descendant de la tribu des YOYOSE (1), je suis né en Côte d’ivoire où je suis resté jusqu’à 10 ans. Chaque soir, notre mère nous disait des contes. J’adorais. Voilà que subitement, mon père décide de m’envoyer au village natal au Burkina Faso pour d’une part continuer l’école et surtout pour m’imprégner de ma culture, car disait-il : « Un oiseau aura beau voler, il reviendra toujours sur terre. »
Pour continuer de me nourrir des contes de ma mère que j’aimais bien, j’ai refusé catégoriquement ce voyage tant voulu par mon père. Pour me convaincre, ma mère me dit : « Les contes que je te dis ne sont qu’un échantillon de ce que tu entendras au village. Va ! Mon fils. » J’accepta et le voyage eu lieu.
    Au village ce n’était que du bonheur pour moi, car le coucher du soleil rimait toujours avec la nuit du conte. Après la révision de mes leçons, vient le marathon de contes où les plus faibles s’endormaient avant la fin. Chacun racontait ce qu’il avait entendu de sa mère et des grands-parents. TABOUGA (2) comme on m’appelait, je rivalisais avec les enfants du village au point d’impressionner plus d’un, y compris mon grand-père qui me donna même un nom : « Zama Soab San n’ date zir bi a bélém baoré » qui signifie : « Celui qui a beaucoup d’âmes en charge doit charmer son grenier », d’où le nom charmer le grenier qui devient plus tard GRAND GRENIER (3).
    C’est quand je suis arrivé à Ouagadougou dans la capitale pour poursuivre mes études que je me suis fait former en art vivant (théâtre, expression corporelle, etc.) J’ai découvert le conte sous une autre forme : la scène. Depuis, j’ai reçu des formations en théâtre et participé à des festivals comme comédien et/ou conteur. Mon répertoire est composé de contes traditionnels que j’ai entendus de ma mère, de mes grands parents, et des autres enfants de mon village. J’écris aussi des contes et des récits surtout inspirés de mes expériences et des vies qui m’entourent. Mon répertoire contient des spectacles pour enfants, adolescents et pour adultes. Ils contiennent le plus souvent des histoires drôles de partout.

1. YOYOSE : Famille de masques qui maîtrise les lois de la métamorphose et du voyage dans le vent.
2. TABOUGA : Un enfant né hors de son village natal et qui ignore toutes ses valeurs culturelles.
3. GRAND GRENIER : Le Grenier qui conserve les récoltes est assimilé à la mémoire de l’homme qui conserve les informations. Les récoltes qui nourrissent les corps sont assimilées à la parole qui nourrit l’esprit et l’âme.

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    FITD (1998, 2000) à Ouagadougou, FITMO 2000, 2001 à Ouagadougou, Grand prix national de théâtre Burkina (2000, 2002), Festival International de théâtre sans frontière (FITSAF 2002) à Abidjan, Festival de théâtre de la fraternité (FESTHEF 2002) au Togo, Festival International de contes Yeleen 2002, 2003, 2004, 2005 à Bobo, Rencontres théâtrales de Carthage 2003 à Tunis, Festival des arts dans la rue (FAR 2003, 2004) à Ouagadougou, Séances de contes mensuelles au Centre culturel Français de Ouagadougou, Festival International de Folie Artistique et Animiste 2004 au Bénin, Le caravansérail des conteurs qui a fait le tour de la France et à Genève à Plan les Ouates. J’ai représenté le Burkina Faso, Festival Paroles de conteur de Vassivière en 2006 comme bénévole et ensuite conteur.
    En 1999 j’ai fais la connaissance d’un comédien et conteur Tchadien du nom de Abakar Adam Abaye dit l’Enfant Noir. Ensemble, nous avons crée la première nuit du conte sous forme de spectacles vivants. Fonctionnelle depuis avril 2001, cette nuit de contes a lieu le dernier mercredi de chaque mois à Ouagadougou. Je crée ensuite la Compagnie d’ebène. C’est en ce moment que j’ai découvert le Festival international de conte Yeleen où je me suis fait former par Hassan Kouyaté, Djihad Darwiche, Didier Kowarski, Pierre Rosa et Abou Fall. J’ai alors compris que le conte pouvait être une profession pour moi.
    Avec la compagnie d’ébène, j’ai initié une deuxième nuit de contes en 2002 à la fondation Olorun de Ouagadougou qui a lieu le dernier jeudi de chaque mois, suivi en 2003 de la première tournée nationale de spectacles de contes au Burkina Faso dénommé : « Souffle des ancêtres. » Nous sommes présentement en chantier pour une tournée de spectacles au profit des élèves du primaire de 4 provinces du Burkina dénommé « Paroles en Mouvement. » Ce projet a pour objectif de contribuer au développement de l’éducation de base par le conte en partenariat avec le ministère chargé de l’éducation, l’UNICEF et d’autres bailleurs.

Réalisé avec Sitedit