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Geronimo, dans ma poitrine un nuage s'endort
72 p. ISBN 2-914461-50-X 8 € « Tu sais que c’est dans un théâtre qu’ils ont commencé la destruction de Kaboul ! Par la porte d’entrée des artistes. Du théâtre, ils n’ont rien épargné, ni le toit, ni le silence, ni la parole et le verbe. Ils ont mis la ville à genoux, et c’est dans un théâtre qu’a commencé la tragédie. »Geronimo, le frère du narrateur, a pris pour idole son illustre homonyme. Comme les anonymes noyés dans la masse, il n’a pas de prénom, mais un idéal, persuadé que poésie et violence doivent être intimement liées. Des camisards aux convois de Drancy, il convie ses amis, les Indiens massacrés par le général Custer, et reprend à son compte la révolte des affranchis, redoutant le retour de l’esclavage. Son combat se résume en une phrase : « Tu sais que c’est dans un théâtre qu’ils ont commencé la destruction de Kaboul… » Notes de lecture : Revue Encres Vagabondes : « Un récit étrange qui se déguste tant la langue est belle, qui emporte tant son énergie vitale est forte, qui trouble tant il rejoint, parfois, notre propre malaise… Un texte fait d’ombre et de lumière, foisonnant, original, où l’envie vous prend de vous arrêter parfois pour relire quelques lignes, qui vous parlent si bien, que l’on aurait aimé écrire où dire. Un pur moment de révolte pris dans toute sa pureté et exprimé dans un grand vent de puissance poétique. » Dominique Baillon Lalande « Dans la poésie des mots, nous retrouvons l’un des thèmes récurrents de Kalouaz, l’absence. Le manque de l’être aimé, la sœur, le frère, la compagne, le père… Un superbe texte qui, par petites touches impressionnistes, donne à voir l’humain dans toute sa richesse d’amour, de poésie et de révolte. » Brigitte Aubonnet (Encres vagabondes) ***** Gillette Duroure – La Tribune/Le Progrès (4 juin 2005) : « A force de silences, nous mourons de l’intérieur. » C’est peut-être pourquoi Ahmed Kalouaz écrit. Cette phrase est extraite de son dernier ouvrage. Geronimo dans ma poitrine un nuage s’endort, qu’il a lu dernièrement en complicité avec Alain Besset au Chok Théâtre. Cela dura une heure. On était comme sur un navire, porté par le zéphir des mots. Lire Kalouaz, c’est entrer dans un monde de poésie extrême. L’entendre, c’est se laisser bercer par une musique qui coule d’évidence. Un Mozart des mots. Pourtant, derrière les sons, les sens cognent. Avec Kalouaz, la poésie n’a rien de joli. Elle combat. Son dernier livre est à l’origine une commande de l’Archipel, une scène nationale de Guadeloupe. Pour servir de narrateur, il a inventé un frère à Geronimo. Histoire ancienne et actualité tissent une toile toujours en devenir : « Tout est lié, Matouba, Arizona, Treblinka. Toujours la même méthode. » Des fantômes surgissent du passé, qui ont nom Shawnees, Ottawas ou Cherokees, se mêlant à d’autres qui les ont rejoints, ceux des convois de Drancy, ceux des Algériens jetés dans la Seine, ceux des enfants des camps de Pithiviers. Geronimo parle pourtant d’amour parce que « la vie, c’est juxtaposer les bonheurs et les misères ». Dans sa mémoire à partager, les phrases sont cadeaux. Elles sont aussi colère. Pourquoi avoir choisi l’histoire de Geronimo ? « Lorsqu’on m’a passé la commande pour ce livre, une question m’était posée : Contre quoi se rebeller ? Je me suis souvenu avoir lu la vie de Geronimo. Pour en parler, j’ai choisi d’inventer pour narrateur son frère, afin que les deux personnages soient proches. Ensuite, j’ai mêlé les vérités historiques et la fiction. » Publié avec le concours de Centre national du Livre et du Conseil régional du limousin |