Nouveautés

  LES COLLECTIONS
> Théâtre > Poésie > Romans, récits, nouvelles > Les Inclassables > Partis pris > Encres Vagabondes > Galerie L’œil écoute > Le Pavillon des Ambulanciers > Documents, divers

 

 
> Poésie
Corps et âmes
Corps et âmes
ISBN 978-2-35652-039-5
136 p
13 €

« Qui sont-ils, ces copeaux d’hommes éparpillés, frêles silhouettes frissonnantes dans la poussière des routes, ces corps en attente dans les débris de l’hiver qui hantent cet oratorio, ce chant lyrique qu’est Corps et âmes ?
La multitude des ils témoigne de la détresse des peuples en déroute, chassés de leur territoire, des exilés, des errants, des perdus, des sans papiers, des sans toits, des sans voix, la liste est infinie. On peut les voir déambuler dans les gares, ils rôdent à la périphérie des villes.
Bernard Montini est le porte-parole, le chantre de cette fratrie convulsive, il donne de la densité à la conscience d’être. » Françoise Séloron (extrait de la préface)

*****

Note de lecture :

Béatrice Libert (site de la Maison de la Poésie, Namur, Belgique, 3 juin 2010) :

Quelle langue exacte que celle de Montini ! Quelle tension poétique d’un bord à l’autre de ce livre qui aurait pu s’intituler : « Cet absolu sentiment d’absence » !  L’auteur, qui a aussi connu l’errance,  se tourne vers les sans grades, les sans papiers, les égarés, les sans toits, ceux qui, exilés ou largués par la vie, errent dans les villes, les banlieues, les gares.  « Ils sont ces champs troués de coquelicots / Adossés à l’improbable. » Il les regarde à hauteur d’homme. Il les abrite dans ses poèmes et leur rend la dignité perdue. Leurs visages, leurs corps, leurs « anciennes plaies » parlent par ses mots. « Ils sont une métaphore griffée par l’oubli. » La préfacière, Françoise Séloron, rapporte : « Il sait de quoi il parle, il regarde autour de lui, il interroge, il veut comprendre le monde qui se dérobe, le monde en perdition. (…) les images défilent, taillées au ciseau, concrètes, physiques. »
 
Embourbés de solitudes
Ils vont à l’empan des âmes
On les reconnaît à leurs
Petits costumes effondrés
Naviguant au hasard
Cisaillant l’air
De leurs bras trop maigres
L’enfant fronde qui les habita
Parchemine le monde
D’un regard époumonné.
 
Si les vers sont courts, l’inspiration, elle, ne l’est pas et son lyrisme serré se déploie sur quelque cent vingt pages : généreuse empathie ! C’est comme un récit dépouillé avec vue sur l’intérieur de l’âme. Dans la distance qui crucifie, son amour humain est tel qu’il lui permet de noter le détail qui fait sens ou douleur. C’est dit avec retenue, dans un présent intemporel, avec des  « il » jamais impersonnels. Montini, porte-parole des sans voix,  se situe au cœur de « la mémoire du monde » dont il sonde la profondeur  avec maîtrise et tendresse. Son métier de comédien lui a appris à aimer les failles. « Leurs regards évadés / Laissent tomber maladroitement / Un morceau d’enfance. » Poésie tournée vers l’autre, où la conscience jamais n’a le vertige, car enracinée dans la réalité tangible qui rend durable et vraie l’impression, l’émotion. C’est juste et beau. C’est fort parce que saisi au plus nu de la fragilité.

*****

Couverture Jacqueline Bosson


Réalisé avec Sitedit