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On a mis Papy dans le coffre de la voiture
120 p. ISBN 978-2-35652-036-4 12 € Quand il n’est pas dans son jardin à buter les patates, tuteurer les tomates, retourner le tas de compost ou préparer du purin d’orties, Papy est dans son grenier-bureau – un jardin secret – rempli de livres qui sont semés et repiqués comme les légumes selon leurs affinités électives ; mais un jardin aussi attrape des maladies, tandis qu’un crabe ronge les poumons de Papy. On a mis Papy dans le coffre de la voiture est plus qu’un éloge de la vie, c’est un hymne au vivant (quelle que soit sa figure d’être) qui rappelle que « la mort est l’aliment de la vie ». Les nouvelles qui suivent sont autant de contes à mourir debout. Car si les dieux n’ont pas d’avenir, le salut des hommes est humain, seulement humain. Et ça ne va pas de soi. ***** Couverture : photographie de Véronique Jean ***** Notes de lecture Brigitte Aubonnet (Encres Vagabondes, 5 juin 2010) On a mis Papy dans le coffre de la voiture est la nouvelle éponyme de ce recueil de Louis Dubost, qui après avoir édité de nombreux poètes dans la maison d’Edition, qu’il a créée en 1974, Le dé bleu (devenue L’Idée bleue en 2004) a rendu son tablier d’éditeur pour se consacrer à sa propre écriture. Un petit-fils parle avec beaucoup de tendresse de son papy qui aime sa pipe, son jardin, le vin… Un homme entretient un rapport amoureux avec sa ville, comment fumer dans un monde où ceux qui fument sont perçus comme des êtres dangereux, un professeur collectionne des paquets de cigarettes et garde son sens critique sur les mensonges des informations télévisées – « il suffit de prendre à rebrousse-poil les "informations" pour tenter d’approcher un semblant de vérité […] le XXIe siècle s’annonce totalitaire. » –, un éditeur de poésie va rencontrer une jeune femme qui vend des fromages de chèvre… Le regard sur le monde de Louis Dubost est juste et sans concession. La vie et ses plaisirs se mêlent à la douleur de la perte comme la mort du père vécu comme un moment de transmission : « J'ai demandé au chauffeur de faire un détour pour que le fourgon passe près de la maison de mon père. Nous nous sommes arrêtés quelques instants, en bas du chemin qu'il avait monté et descendu si souvent sa vie durant. Cette maison est aujourd'hui la mienne. C'est pendant ce bref moment de recueillement que le relais a été passé. J'en ai eu conscience doucement, sans surcroît d'émotion, comme si la chose allait de soi, et ce depuis des générations. » Le recueil commence sur la mort du grand-père. Malgré la peine ressentie tous ceux qui l’aiment lui rendent hommage comme pour une fête : « Maman et Tonton ont servi à boire aux gens qui étaient là, des vins de la cave à Papy qu'il avait goûtés avec soin et mis de côté pour ses amis. Quand Papa est revenu, les gens ont tendu leur verre en direction de l'urne qu'il tenait dans ses mains et ont dit tous ensemble : "À la tienne !" On était très émus, mais personne n'a pleuré, c'était comme une sorte de fête. » L’écriture de Louis Dubost est limpide pour dénoncer les déviances du monde contemporain et remettre en valeur le sens de l’amitié, des plaisirs du jardin, des relations profondes entre les êtres même si la vie et la mort se côtoient sans cesse. ***** Muriel Mingau (Le Populaire du Centre, 5 avril 2010) Où va la vie ? Dans son recueil, Louis Dubost donne une réponse possible à cette question. Ce livre, qui se situe quelque part entre gravité et légèreté de la vie, a un charme fou. Une fois refermé, il laisse en vous sa petite musique ludique et malicieuse. L’auteur l’a composée pour traiter avec grâce et élégance de sujets graves. La mort est un thème commun à cinq des six nouvelles de ce recueil savoureux. Toutefois ici, elle est apprivoisée au fil d’une écriture ciselée, belle, incisive, fortement marquée par l’humour. Curieusement, dans ces pages, on sent le sourire de l’auteur. On a mis Papy dans le coffre de la voiture, le titre de la première nouvelle, et tout ce qu’il suppose, illustre bien ses qualités. Pour Louis Dubost, écrire sur la mort, c’est écrire sur la vie. Aussi dans ce premier texte, la question de la mort se pose au travers du regard d’un enfant, surpris, ignorant tout de la chose, se souvenant seulement de tant de bons moments passée avec Papy. De son jardin à son grenier rempli de livres, Papy lui fit tout simplement découvrir la vie, sa saveur précieuse, ses bonheurs nichés dans ce qui semble les riens du quotidien. Dans une autre nouvelle, Le Voyage du père, Louis Dubost n’écrit-il pas : « Certes, de l’extérieur, il était le même, s’occupant à mille et une tâches dans la maison et les près autours. Entretenant un jardin immense, des arbres fruitiers. (…) Mais comment cela se passait-il dans sa tête ? » De sa plume, l’auteur a justement l’art de dévoiler ce qu’occulte cet « extérieur », ce qui se cache sous les apparences. Cela l’amène d’ailleurs, par un jeu de digressions habiles, à poser un regard critique, et parfois cocasse, sur notre société, nos façons de vivre. D’ailleurs, si on en revient au thème central, on peut lire aussi dans ces pages une façon de revendiquer le droit de mourir dans la dignité, ce qui est une forme ultime de liberté. ***** Eric Pessan (revue Encres de Loire n°51) Peut-on tomber amoureux fou d’une ville, quitte à en mourir ? Peut-on, une fois retraité de l’enseignement, faire du compost avec des cours de philosophie ? Harry Potter peut-il côtoyer Nietzsche et James Sacré ? Quel est ce merle qui chante en boulottant les plus grosses fraises du potager ? Pourquoi cet homme endeuillé collectionne-t-il les paquets de cigarettes vides ? A quel moment, après la mort du père, comprend-t-on vraiment ce que cela signifie pour nous ? Quels désirs animent vraiment cette étudiante qui vend du fromage de chèvre bio ? Pourquoi hurle-t-on dans ce bureau de poste ? Faut-il mourir de peur de l’échec ? Quelle est l’étymologie exacte des libations ? Et que fait Papy dans le coffre de la voiture ? Toutes ces questions trouvent leur réponse (ou presque) dans ce recueil de nouvelles de Louis Dubost. Si le ton est parfois drôle, parfois grave, c’est que les textes parlent de la vie, une comédie dont on connaît, par avance, le dénouement tragique ; comme l’exprime si bien le poème d’Alphonse Karr, cité par l’auteur : «Mais la vie et la mort ne sont que des transformations. La mort est l’aliment de la vie.» ***** Lucien Wasselin (La Tribune de la Région Minière n°3342, février 2010) A lire et à faire lire… des contes à mourir debout Nouvelle : sorte de roman très court dit le Littré. Je n'entreai pas dans les querelles de spécialistes pour savoir si le récent livre de Louis Dubost, On a mis Papy dans le coffre de la voiture, est bien un recueil de nouvelles comme l’indique la page de titre. Mais je retiendrai que les six textes ici regroupés ont tous, à des degrés divers, les caractéristiques de la nouvelle : un seul événement raconté, peu de personnages et une fin inattendue (dans l’écriture même ou dans l’histoire). Cinq de ces «nouvelles» ont en commun la mort du personnage principal. Morts toutes différentes les unes des autres : départ volontaire de celui pour qui la médecine ne peut plus rien, mort «naturelle» teintée de fantastique pour celui qui, dans sa solitude, est tombé amoureux fou de sa ville, longue plongée vers la mort de celui qui a perdu tous les siens dans un accident, suicide de celui qui ne supporte pas le retour au quotidien après une aventure amoureuse et mort du père atteint lui aussi par une maladie dont il ne peut guérir. Mais morts qui, toutes, dans la façon dont elles sont écrites, sont l’occasion pour Louis Dubost de revendiquer une chose simple : l’acceptation de la mort et le droit à la dignité. C’est sans doute dans Le voyage du père (qui ressemble plus à un court récit autobiographique qu’à une nouvelle au sens ordinaire du terme) que l’analyse est la plus évidente. à l’occasion de l’enterrement du père, le narrateur (Louis Dubost lui-même) dit: «Aujourd’hui, sans trouble excessif ni angoisse panique, je ne doute pas que je vais mourir. Même si rien ne presse, cela va sans dire.» Avec le temps qui passe, on finit par se retrouver le responsable de la lignée : «J’ai surpris plusieurs fois leurs regards qui m’épiaient : j’étais devenu, pour eux, ce que mon père avait été pour moi, et je ne devais ni déroger ni me dérober.» Ainsi Louis Dubost parle-t-il de ses enfants avant d’ajouter : «Ce n’est pas un autre anonyme qui s’en va, mais l’autre sans qui moi je n’existe pas : c’est avec de l’autre (le père en est la plus sensible incarnation) que l’on construit son identité.» Beaucoup de pudeur dans ce texte où l’on reconnaît l’auteur, où l’on trouve de «l’humain à l’état brut». Non que les autres nouvelles (je laisse de côté La lettre qui ne parle pas de mort) soient désincarnées. Au contraire, elles sont émaillées de détails autobiographiques. Dans la nouvelle qui donne son titre au recueil, c’est toute la vie de l’auteur que l’on retrouve (le métier, la retraite, le goût du jardinage, l’amour des petits-enfants)… mais ce n’est pas lui qui meurt à la fin. Sans doute s’agit-il de son alter ego, sans doute s’agit-il de la mort qu’il se souhaite si la vie venait à le condamner ? Ailleurs, c’est la profession (encore) de l’auteur (Les emballages perdus) ou l’activité d’éditeur de poésie que mena Louis Dubost parallèlement à son métier de professeur de philosophie de 1974 à 2009 (Marché de Noël)… Ce n’est pas un hasard si ses personnages empruntent ainsi à sa personne, c’est sans doute que toutes ces morts ont ce point commun avec ce que veut Louis Dubost : être maître de sa vie jusqu’au bout, donc, de sa mort. De la même façon qu’on parle de «contes à dormir debout», Louis Dubost présente volontiers ses nouvelles comme des contes à mourir debout. Ce n’est pas rien car ça renvoie à la formule célèbre de Dolorès Ibarruri : «Mieux vaut mourir debout que vivre à genoux.» Mine de rien, Louis Dubost s’inscrit fortement dans les débats qui traversent actuellement la société et adopte une position originale. à l’heure où la mort est cachée, voire niée (la publicité veut nous vendre la jeunesse éternelle, à défaut de l’immortalité), Louis Dubost dit à sa façon qu’il faut accepter l’inéluctable et maîtriser son départ. Attitude politiquement et moralement incorrecte dans une société qui traîne devant les tribunaux ceux qui aident à mourir leurs proches ou leurs patients qui n’ont plus la possibilité de mener une vie normale, de vivre tout simplement. Livre grave et sérieux donc, mais ce n’est pas un livre triste. C’est un hymne au vivant qu’écrit Louis Dubost avec la première nouvelle de ce recueil, un véritable conte épicurien qui respire le goût de vivre. C’est aussi une leçon de sagesse avec Le voyage du père dont j’ai cité quelques extraits plus haut… Mais c’est aussi un livre jubilatoire avec cette nouvelle dont je n’ai pas parlé jusque maintenant : La lettre. Elle est assez différente des cinq autres : pas de détails autobiographiques (ou ils passent inaperçus), pas de mort à la fin. Mais elle met en scène une situation cocasse dans un milieu que connaît bien Dubost («le bastion électoral du vibrionnant hobereau bocain» : le lecteur attentif reconnaîtra) qui se termine par la mise à mort symbolique de la boutiquière. La fin de la nouvelle est une description merveilleuse ! Et pour finir, je ne résiste pas au plaisir de citer la chute du premier texte. Après qu’une moitié des cendres du papy ait été versée dans le bac à compost du jardin et que l’urne avec la seconde moitié ait été mise dans le coffre de la voiture : «… un merle moqueur très sagement se tapait une fraise, et, quelle audace, pas la plus moche !» ***** Sahkti (site Critiques Libres) On a mis papy dans le coffre de la voiture est le titre de la nouvelle qui a donné son nom au recueil. Un texte écrit sur un mode enfantin -mais pas trop- pour décrire la mort d'un grand-père et tout ce qui entoure un tel départ au sein d'une famille bouleversée qui apprend à faire face. Les lignes de Louis Dubost sont emplies d'une émotion juste, touchante; jamais le ton n'est forcé ou le trait caricaturé. A cela s'ajoute une touche de poésie (normal me direz-vous, l'homme est poète) qui apporte beaucoup de sensibilité au récit, ainsi que de la légèreté pour raconter l'inconnu. Les nouvelles qui succèdent à ce texte mettent également en scène la mort présente ou à venir, un départ, des interrogations, allant crescendo dans la gravité des sentiments éprouvés. Chacune est la mise en abîme de celle qui la précède ou la poursuit, le tout formant un ensemble de "contes à mourir debout" pour reprendre la formule de l'auteur, qui sont autant d'odes à la vie. Avec un texte final qui ferme la boucle et renvoie le premier, passant de ce voyage en véhicule funéraire à travers des paysages chantants pour en revenir à ce Papy qui va être placé dans le coffre d'une voiture. A travers ces six nouvelles, Louis Dubost évoque la fragilité de la vie, le respect qu'il convient de lui accorder et il réussit à émouvoir le lecteur tout en lui faisant peur, car la mort devient palpable, bien réelle sous ses mots, très proche. Le tout sans effets inutiles. Au deuil auquel l'auteur invite le lecteur vient se coller celui effectué par l'auteur, sa vie d'avant, quelques illusions, des espoirs qui jamais plus ne seront, un autre regard sur le monde. Réflexion profonde qui trouve sa pleine expression dans ces lignes superbes. ***** Amandine Marembert (revue Contre-Allées n° 25-26) Je ne peux pas lire ce très beau conte épicurien sans, à chaque fois, rire de pleurer ainsi. Ce sont les questions et réflexions d’un petit-fils qui dessinent le portrait si vivant d’un papy au moment où celui-ci, accablé par « un crabe qui lui ronge les poumons », décide d’orchestrer son propre compostage. En effet le papy, qui sait faire pousser les livres dans son grenier-bureau-foutoir secret comme les légumes dans son jardin, croit en le recyclage et pense que la mort, « c’est rien » qu’une pièce du puzzle du vivant. Alors il décide, « un vendredi 13 », jour le son anniversaire, de partir faire un ultime tour de son jardin. Toute la famille est réunie. Et le délicat sujet de l’euthanasie tient tout entier dans l’évocation de la couleur bleue qui jette définitivement les dés : les fleurs de bourrache parsemant la salade servie, une tasse bleue pour la tisane de papy, le cercueil qui sera passé à la peinture bleu pâle avant d’être décoré par les petits-enfants et smacké au bâton de rouge à lèvres blanches et une bleue sur un plateau. Après avoir tendu à Papy la tasse bleue, Papa s’est mis à pleurer. Et les autres aussi ». Il est ensuite question de funérailles, de « fun » et « rai », de musique et de vin partagés, de fleurs du jardin, de « merle moqueur » qui « se tape une fraise », d’une « sorte de fête ». A la mort et à la vie, à la santé d’un tout qui compose le vivant. « On a mis Papy dans le coffre de la voiture. Bien calé entre les valises et des fleurs en bouquets, d’autres en godets pour les replanter. Il aime bien l’odeur des roses, des violettes, du lilas, du muguet, Papy, et aussi les couleurs des jonquilles, du myosotis, des narcisses, de la giroflée, de la glycine… C’est comme le printemps dans la voiture, une hirondelle pourrait y maçonner son nid à côté de Papy ». Louis Dubost nous invite à faire un voyage poétique à travers les nombreuses accumulations rabelaisiennes qu’il propose à notre palais – inventaires des habitants du jardin. Les autres nouvelles installent aussi la mort à la table des vivants. L’avant-dernier texte, conte noir, s’intitule « Marché de Noël ». Il est donc de saison d’évoquer ce troc amoureux entre une jeune femme et un homme mûr, cet échange de libations qui permet d’ »aller voir de l’autre côté » du « miroir », là où le « visage n’a pas d’âge », pour « aller au vif du moment présent, sans désir autre que le désir ». « Le désir se pose en libellule » (Joël Bastard). ***** Claude Vercey (I. D n° 226, 20 décembre 2009) Une même thématique, six nouvelles. La dernière… Le voyage du père, narre un voyage ultime en fourgon funéraire à travers les paysages familiers du Mâconnais. Elle sert de matrice à la nouvelle éponyme qui ouvre On a mis Papy… et qui lui donne tout son prix : cette fois, celui qu'on ramène en Bourgogne dans le coffre ressemble trait pour trait à l'auteur, qui de fait joue à mettre sa mort en scène, racontée par son petit-fils. « On a mis Papy dans le coffre de la voiture. Bien calé entre les valises et des fleurs en bouquets, d'autres en godets pour les replanter. Il aime bien l'odeur des roses, des violettes, du lilas, du muguet, Papy, et aussi les couleurs des jonquilles, du myosotis, des narcisses, de la giroflée, de la glycine. » Ce point de vue, qui entraîne les enfantillages d'écriture, vocabulaire et construction de phrases, si caractéristiques du conte-pour-enfants, paraît induire qu'il s'agit d'une œuvre destinée au jeune public. Fausse piste sur laquelle, avec la duplicité de l'auteur, une première version accueillie Dans la lune, revue-de-poésie-pour-enfants 100% décarêmélisée [lire : privée de Maurice Carême], puis le spectacle créé par le Poisson soluble ont pu engager le lecteur. Par la présente édition, le texte trouve son vrai lieu : le conte-pour-enfant (on en dirait autant du poème) est devenu une forme en soi, comme une variante atténuée, policée, de la forme carnavalesque, et dont on use ici pernicieusement et avec brio. Au théâtre où je l'ai découvert ou dans le livre, le texte n'est pas sans provoquer un certain malaise, avec le soupçon d'un message crypté, où l'auteur annoncerait sa fin imminente. L'ambiguïté de la fiction fait partie, n'en doutons pas, du message et participe du plaisir de l'auteur, dont je subodore la jubilation d'avoir ainsi troublé proches et amis, tout en se tenant dans le rôle du vieux sage, rappelant à chacun la fragilité de sa condition humaine. Pourtant, s'il s'agit surtout pour lui de faire partager une conception épicurienne de la vie, donc de la mort, où tel Socrate on boit la ciguë pour éviter la décrépitude finale, on ne peut qu'être sensible au fait que l'auteur y fait aussi le deuil de sa vie d'antan, vie de prof de philo et vie d'éditeur, si étrangement et contre toute attente liées. Le texte pourrait être renommé : La première mort de Louis Dubost. Bien que longuement préparée à l'avance, et rationalisée, la fin des activités qui pendant des années lui ont donné un visage, est ressentie comme une perte. Dont il s'agit de rire un bon coup. Si bien que, tout autant qu'il inaugure une seconde vie, On a mis Papy… ferme la première boucle d'une existence, assez riche pour fumer l'œuvre future. Voir les ID de Claude Vercey sur le site de la revue Décharge. ***** Didier Pobel (Le Dauphiné Libéré, 7 décembre 2009) Six textes, courts et serrés, signés Louis Dubost. Le premier, qui donne son titre à l’ensemble, On a mis Papy dans le coffre de voiture, est la touchante évocation de la disparition d’un grand-père vu à travers le regard naïf et pur de l’un de ses petits-enfants. La mélancolie rôde. La tendresse affleure. Si elle est parfois acide, en tout cas elle fait mouche dans chacun de ces « contes » émouvants ou cruels, sinon bouleversants. C’est particulièrement le cas du dernier, Le voyage du père, poignante évocation d’un retour aux sources brionnaises pour l’ultime salut à celui qui, en partant, laisse « une sorte de nue-propriété : soi avec soi. Ni plus ni moins ». On se demandait parfois comment Louis Dubost faisait pour choisir aussi bien les dizaines d’écrivains – essentiellement des poètes – rassemblés au catalogue du Dé bleu, cette courageuse enseigne créée par ses soins en 1974. On le sait mieux encore avec ce livre. Il en est un. A lire, au plus vite. ***** Martine Laval (blog de Télérama) ***** |