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Portrait de ma grand-mère en demoiselle coiffée
ISBN 978-2-35652-034-0 112 p. 12 € Demoiselle coiffée (aussi appelée cheminée des fées) : colonne ciselée par les eaux de ruissellement dans une roche meuble et coiffée par un bloc résistant protecteur.Me manquent toutes Les demoiselles coiffées Qui ont donné voix Au large De ce que j’étais. Aujourd’hui Rendues à la poussière Elles creusent l’horizon D’une marque étrange : Un sablier brisé d’où s’écoulent Sable et ombre. ***** Notes de lecture Béatrice Libert (site de la Maison de la Poésie, Namur, Belgique, 3 juin 2010) : En découvrant ce titre, un sourire monte aux lèvres. N’avons-nous pas eu, toutes et tous, des grand-mères aux beaux cheveux blancs bien coiffés par mise en pli interposée? Dans le poème final de ce livre doux, Marie Huot écrit son chagrin : « Quelqu’un me manque / Et j’en tire / De noirs présages // … Me manquent toutes / Les demoiselles coiffées / Qui ont donné voix / Au large / De ce que j’étais. » Lisant ces mots, ce sont d’élégantes dames, femmes simples, parentes ou amies, d’un âge vénérable, mortes ou toujours présentes, qui montent à ma pensée, avec le désir profond de leur dire ma gratitude. « L’amour me revient par vague. » Et au-delà de ces femmes, à celles et ceux qui nourrissent le présent de leur sève affective, intellectuelle, discrète, intense. « Cette femme que les corbeaux / Traversent / C’est peut-être toi : / Le visage douloureux / Les poings liés / Passagère. » Les souvenirs affluent dans ce livre jamais mélancolique, à la faveur d’un geste, d’un rire, d’un objet. Le « je » dialogue avec un « tu » complice. Transfusion. C’est écrit sans fard, au ras des choses vécues, senties, devinées. « Petit à petit / Quelque chose / A l’intérieur de moi / Se couvrait de pelage / Et tremblait / Silencieusement tremblait. » Je n’ai pu m’empêcher de songer aux vers de la regrettée Andrée Sodenkamp qui aurait adoré ce livre tissé main. Marie Huot nous parle et nous renvoie au quotidien, avec le rêve d’en saisir l’écume et d’en délaisser la poussière. ***** Jean-Pierre Védrines : « C'est une écriture douce, lisible, et qui laisse en bouche un goût d'authentique éblouissement… Je n'ai rien lu de pareil. » ***** Site accroco : « Le titre est délicieux, les poèmes qui s’en déploient tout autant. La poésie de Marie Huot est légère et profonde. Elle n’étouffe pas mais suggère, esquisse par touche nuancée, tout en étant exhaustive. Ses mots se laissent découvrir avec pudeur, sans rien cacher toutefois. Marie Huot livre une intimité intranquille, une union morcelée, dont, pourtant, la plénitude n’est pas absente. » ***** Le poème Rire (issu de ce recueil), est sélectionné dans le troisième tome de l'anthologie « Demande aux poètes!» à paraître en 2011 aux éditions Bayard Jeunesse. ***** Couverture : encre de Christian Viguié |