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Chroniques gaillardes de Bourg-en-Brenne
ISBN 978-2-35652-029-6 150 p. 15 € Petite cité virtuelle, Bourg-en-Brenne offre un cadre de vie à des natifs du bas Berry ainsi qu’à des immigrés originaires de pays lointains. Voire de Vierzon.Avec malice, Claude Chanaud y fait se croiser des souvenirs tendres avec des particularismes de la France profonde, là où les coutumes régionales s’accommodent d’une mythologie familière dont les fantômes fréquentent fortuitement les étangs de la Brenne mais ne se montrent qu’à des initiés. Accompagnement ludique et jubilatoire de ces chroniques, Les Mordeuses de Bois de Lit y rythment la saison des amours. Et au travers d’histoires accompagnatrices, certes colorées mais pas toutes inventées, apparaît le bonheur d’avoir eu des racines adolescentes où le rire servait de ponctuation. En première de couverture, l’imparable dessin de Roland Topor annonce la verdeur maîtrisée de ces fictions marquées d’évidentes gaillardises et de pieds de nez aux hiérarchies humaines qui se prennent au sérieux. Couverture : dessin de Roland Topor Notes de lecture : Bernard Giusti (revue Chemin de Traverse n° 35, déc. 2009) Le style vif et impeccable de Claude Chanaud – dont nous avons eu à maintes reprises le plaisir d’apprécier le talent (Fatoumata la Berrichonne, Pas toutes urbaines, Gens de plume et vin chaud à la cannelle…) – se met ici au service d’une noble cause : expurger de toute pudibonderie nauséabonde et de toute morale frelatée l’une des activités les plus sacrées de l’être humain, celle qui consiste à prendre du plaisir à faire l’amour, ou comme le diraient les Brennous patentés, « à prendre son pied ». Peut-il d’ailleurs y avoir un « amour sacré » sans les émois fondateurs de « l’amour charnel » ? C’est une des question à laquelle le ci-devant Claude le Brennou vous donnera une réponse sans détour. Ces quelques textes – chacun constituant une nouvelle à part entière – ordonnés en forme de chronique nous livrent les souvenirs réels ou supposés (mais qui s’en soucie ? D’ailleurs, l’auteur fait un éloge vibrant du mensonge…) d’une enfance et d’une adolescence passée dans la Brenne profonde, baignée d’une part de légendes et de pratiques païennes, et d’autre part de traditions religieuses passéistes. On s’en doute, la confrontation entre un hédonisme savamment entretenu par des générations besogneuses, certes, mais inventives, et des dogmes castrateurs ne tournera pas à l’avantage de ces derniers. Avec sa verve et sa truculence, ses paillardises et ses finesses par en dessous, saint Claude Chanaud remet les pendules à l’heure de la Brenne et de la joie de vivre. Il nous dresse un portrait salvateur que des Villon, des Rabelais ou des Dubout ne renieraient pas, portrait d’une société de la France-d’en-bas-à-qui-on-ne-la-fait-pas, malgré des tentatives politiques et religieuses réitérées. Aidé par son amour de la langue, Claude Chanaud fait feu de tout bois, y compris et surtout les bois de lit (notamment dans sa savoureuse nouvelle, Les Mordeuses de bois de lit), sans oublier l’usage de contrepèteries gaillardes (par exemple les cousins « avec leurs mines à lapin »). Un grand nettoyage efficace et plein d’humour, un livre sain et plein d’esprit… A lire ! ***** Pascal Hérault (revue en ligne Encres Vagabondes, août 2009) Si Tartuffe avait tenté de s’immiscer chez lui, l’auteur de ces chroniques n’aurait pas tardé à le foutre à la porte. Et pour cause : depuis ses premiers émois adolescents, Claude Chanaud a compris que tout le monde avait un sexe, quand bien même on tenterait de le domestiquer sous une chasuble. Certes, il n’y a pas que le cul dans la vie, mais une vie sans cul ressemble à un repas sans sel : on a beau manger, on sent bien qu’il y manque quelque chose. Ce sel de la vie, Claude Chanaud nous le restitue avec un talent certain dans ses Chroniques gaillardes de Bourg-en-Brenne. Qu’est-ce que la Brenne ? Un petit coin de France, situé aux confins du Berry, de la Touraine et du Poitou, dont Le Blanc est le chef-lieu. Mais n’allez pas croire que Claude Chanaud écrit un livre « régionaliste » : les Brennous parlent français comme vous et moi; et, à l’inverse des Basques ou des Bretons, ils ne cherchent pas à péter plus haut que leur chef-lieu. Du reste, Alexandre Vialatte adorait l’Auvergne, il revenait souvent dans son pays, mais je ne me souviens pas qu’on l’ait étiqueté comme écrivain auvergnat. En fait, la Brenne est partout et nulle part : c’est un territoire nostalgique, où le Curé, le Maire et l’Instit’ dansent une drôle de sarabande dont le dénominateur commun pourrait se résumer en un seul mot : l’hypocrisie. Très tôt, à une époque où le portrait de Pétain trônait dans les écoles à côté de la Vierge Marie, le jeune Chanaud a deviné combien le monde des adultes cachait l’essentiel aux enfants en croyant leur faire du bien. Très tôt, il s’est rendu compte qu’il ne serait jamais un bon chrétien confit de dévotion et qu’il valait mieux prendre la vie par le bon bout : qu’il s’agisse de son propre membre ou de jeunes tétons éclosant sous des robes de cotonnade. Education sentimentale, autobiographie intellectuelle et sensuelle, il y a un peu de tout ça dans ces quinze chroniques qui fleurent bon le Sauvignon et le parfum musqué des aisselles paysannes. On retiendra en particulier l’épisode de la première communion, qui donne lieu à deux pages hilarantes sur la pétomanie involontaire d’un communiant zélé ; la rencontre avec Béatrice, à l’occasion des battages, où le jeune Claude découvrira combien le foin s’adoucit au contact d’une belle paire de fesses ; la figure de Gaby, pauvre boucher pathétique, cocufié par sa femme et l’invasion des supermarchés. Si Claude Chanaud avait trois pères spirituels, ce serait Marcel Aymé, Antoine Blondin et Jean Carmet, trois vilains petits canards qui auront toujours fait la nique aux donneurs de leçons, qu’ils soient laïques ou encuretonnés. En lisant ces chroniques, on pense au Marcel Aymé de La Jument verte, au Blondin de L’Europe buissonnière et au Carmet capable de disserter pendant des heures sur ces vins de soif qui donnent couleur et vigueur à l’amitié. Profitons en aussi pour saluer Le Bruit des autres, qui offre une fois de plus à ses lecteurs un livre comme on les aime : couverture dépouillée et papier bouffant, avec en prime un charmant dessin de feu Roland Topor, dézingueur rigolard de nos tartufferies sociales et intimes. ***** Jean-Louis Bourdon (Le Pince oreille, n°1, 2009) Ces Chronique gaillardes de Bourg-en-Brenne de Claude Chanaud sont autant de petites perles au collier d'un dieu, celui de la bonne humeur, de la jubilation, et de l'impertinence truculente envers les convenances et les hiérarchies. Avec malice, émotion et intelligence, avec drôlerie et nostalgie. Pour notre plus grand plaisir, Claude Chanaud nous fait découvrir le pays de son adolescence, ou des fantômes des étangs de la Brenne, des mordeuses de bois de lit et autres histoires et anecdotes plus émouvante ou cocasse les unes que les autres se croisent et s'enchevêtrent, un vrai moment de bonheur et de réflexion, à ne pas manquer ! ! |